Edtech : vive le lifelong learning !

Les jeunes pousses de la edtech redoublent de créativité pour vous surprendre, vous séduire … bref vous allez aimer apprendre ! 

Je vous l’expliquais dans un article précédent : selon une statistique effarante, le taux de complétion d’un MOOC (cours en ligne) est d’environ 10%. Ayant décelé le pain point du marché et l’opportunité qu’il constitue, certains entrepreneurs redoublent de créativité pour séduire les lifelong learners. Leur positionnement : sortir de l’apprentissage des supports classiques pour proposer des approches bien plus interactives, ludiques et personnalisées. Et ça marche !

Browsing learning : l’apprentissage au quotidien

J’ai découvert le potentiel des extensions Chrome sur le tard ; certaines font maintenant partie intégrante de mon expérience de navigation et je pourrais difficilement m’en passer. Si j’étais déjà fascinée par les usages de co-browsing et d’annotation du web - mention spéciale pour cette extension chrome qui transforme le curseur en emoji afin d’attirer l’attention de sa co-browsing audience - j’explore avec curiosité chaque use case atypique qui se présente. Et dans le domaine de l’éducation, il y a de quoi faire. Toucan est typique de la richesse de l’offre : l’extension vous permet d’apprendre une langue en browsant le web. Et ce n’est pas la seule sur le créneau ! 

Un autre outil vous entraîne à la pratique de langues étrangères en visionnant vos séries sur Netflix. Et pour “valider” tout cela, vous avez Prodeus qui délivrera votre  “MBA de Youtube”, une véritable browsing learning certification.

Le process ? vous pouvez facilement ajouter n'importe quel cours sur Youtube, cataloguer votre temps d'apprentissage et cumuler des crédits pour obtenir la certification WEBienne ProDegree.  Bref, voici autant d’expériences hybrides d'apprentissage du consommateur, du lifelong learning qui se fond dans notre vie quotidienne. Apprendre sans avoir l’air d’apprendre ? Joli tour de passe-passe, et excellente stratégie pédagogique !

Snippet learning : rendre sa curation actionable 

Je ne vais pas trop m’attarder sur la question de la curation dont je vous ai déjà parlé (article à lire ici pour les retardataires). Le point important en l’état est que de plus en plus de curateurs s’ingénient pour analyser leur veille et la rendre actionnable. Il s’agit d’apprendre et de mémoriser ce contenu.

Des outils comme Readwise permettent de sauvegarder des passages intéressants et de vous envoyer des rappels régulièrement - la répétition espacée est une technique imparable pour mieux retenir l’info. Depuis que j’ai bouclé mon précédent article,  un nouvel acteur de “curation learning” a émergé qu’il faut mentionner : le français Clind facilite le processus de curation pour découvrir et progresser à votre rythme. Son scénario d’onboarding, que je vous restitue ci-dessous, personnalise l’expérience de lecture avec précision.

Après chaque lecture d’article, il faut renseigner une fiche “Mes Takeaways”. On peut ensuite créer des “rooms” où partager ses articles et discuter avec d’autres usagers. J’ai personnellement créé un espace test baptisé “Curiosités et prospective”. Dans une logique similaire au browsing learning, on apprend à partir des ressources du quotidien, au fil de sa lecture, et ça c’est une force. 

Gamifier l’apprentissage !

Je déteste le terme de “gamification” dont on abuse à toutes les sauces. Pourtant, utilisé à bon escient, c’est un concept particulièrement puissant ! Je pourrais vous parler de RA et RV … mais je prépare un article sur le sujet. Donc je vais aborder le sujet sous un autre angle, celui de ces deux sociétés  : 

Texto learning et micro-apprentissage ciblé 

Des micro-cours, délivrés à votre rythme par texto ou sur votre messagerie préférée ? L’idée vous semble improbable ? La start-up Arist pourrait bien vous faire changer d’avis. Son objectif ? Miser sur des modèles de micro-apprentissage espacés, pour devenir votre compagnon idéal dans le pré-travail et l'après-travail, aider les usagers à mémoriser efficacement du contenu.

Je n’ai pas encore testé leur plateforme (en général je déteste citer une app que je n’ai pas personnellement utilisée), j’ai en revanche parcouru leur section “case studies”. Deux usages m’ont interpellée. 

  • L’onboarding ou comment les “cours”  par texto ont  permis d’expliquer aux nouveaux employés de la société Acquihire les normes et les politiques de l'entreprise, tout en mettant l'accent sur sa culture … ce qui a permis aux arrivants d’intégrer le groupe beaucoup facilement et rapidement. Même logique lors des formations annuelles sur les valeurs de l'entreprise … réalisées par SMS. Chaque employé suit une fois par an un cours de 15 jours par texto, idem avec deux semaines de micro-cours sur les compétences les plus demandées. Les employés reçoivent sur leur smartphone des courtes études de cas, des citations de dirigeants, des questions leur demandant comment ils pourraient améliorer la culture de leur entreprise.

  • Le reinforcement learning. Selon Arist, les employés d’une entreprise oublient environ 50 % de ce qu'ils apprennent lors des ateliers, des séminaires, des conférences et autres événements pédagogiques, et ce dès la première heure (cela ne m’étonne pas : le temps qu’ils rentrent chez eux, les stagiaires zappent près de 70 % des informations transmises en formation). Pour endiguer cette hémorragie, la société EnergyCo a fait appel à Arist qui, selon les termes clés des formations et les objectifs des apprenants, leur adressait des textos de rappel et de questions après chaque rencontre.

Passion learning : la parole aux experts

Ces exemples ne sont pas isolés. Koober met en ligne des synthèses de livres à lire ou à écouter - les puristes dans mon genre  ont certes été de prime abord choqués par l’approche mais, à bien y réfléchir, cela s’avère très pratique quand il faut parcourir des livres sur le business, ou compulser une bibliographie importante dans un laps de temps réduit …dans tous les cas, ça laisse plus de temps pour se plonger dans la lecture d’un bon roman de la première à la dernière page. 

Et puis, il y a le “Passion” learning : l’apprentissage est délivré par des experts passionnés, avec des outils comme Masterclass pour “apprendre auprès de +85 des meilleurs cerveaux du monde”. Thinkif ou Teachable donnent la parole à des experts moins connus, mais néanmoins pointus. Les compétences et outils digitaux évoluent tellement vite qu’il est difficile pour les écoles de se mettre au diapason des tendances et de recruter suffisamment de spécialistes opérationnels, capables de délivrer des cours en plus de leur job … et qui vont privilégier l’enseignement en distanciel via une plateforme. L’avantage des cours en ligne ? C’est un modèle plus scalable pour l’expert qui peut ainsi monétiser son expertise à sa juste valeur. 1 enregistrement = pléthore de possibilités de visualisation payantes. 

Bref, apprendre en permanence pourrait bien, finalement devenir une expérience sans couture, tellement imprégnée dans notre quotidien que nous ne nous en rendrons plus compte. Confucius aurait dit : “Fais de ta passion un métier et tu n'auras plus besoin de travailler. " ce que nous pourrions traduire en langage etech : “Fais de ton apprentissage un acte intégré à ton quotidien et tu n’auras plus besoin d’apprendre”. Vous savez ce qu’il vous reste à faire. 

MD

Un énorme merci à Mehdi Cornilliet pour ses inputs lorsque j’ai écrit cet article. Il a un compte twitter et une newsletter sur l’edtech qui sont passionnants. Si ce n’est pas déjà le cas : abonnez-vous.


💎 Snippets, curiosités et autres coups de cœurs


Le tweet de la fin (surtout les commentaires)


Vous avez aimé ? Alors abonnez-vous ⬇️